Quelques tracts sont reproduits non seulement en format image mais aussi au format texte. Les fautes de français ont été laissées telles qu'elles apparaissent dans le document initial.

La quasi-totalité des tracts l'ont été sur les matériels de duplication à stencyls dont disposait l'AGER. L'administration de ce service impliquait le remplissage de bordereaux permettant l'identification du donneur d'ordre aux fins de refacturation. C'est pourquoi on dispose en général du nombre d'exemplaires qui ont été tirés. C'est Alain Michel, alors administrateur national de la MNEF (il fut ultérieurement Vice-Président Intérieur de la Mutuelle étudiante), qui assurait, au sein du bureau de l'AGER les fonctions de "Maître de maison" [Cette fonction, outre la responsabilité de l'immeuble, impliquait la gestion des polycopiés]. Une partie significative des tracts ont été corédigés par l'auteur du site. C'est Jean-Pierre Talbot qui, d'une manière générale en assurait la rédaction, pour ce qui concerne ceux qui ont été rédigés pour le compte de l'AGER.

B01 - Tract national UNEF du 25 mai 1968 appelant à une manifestation le 27 mai 1968.

E1 - Tract publié le 18 juin 1968 à la Fac de Droit refusant les examens de juillet.

E2 - Tract publié le 12 juin 1968 par le Comité Inter lycées visant à une nouvelle élection.

E6 - Tract publié après le 13 mai 1968 et avant le 22 mai par l'AGER pour appeler à une manifestation intersyndicale. Le matin du 22 mai, les manifestants sont accueillis au son d'une chanson de Mireille Mathieu (?!!!) diffusée par la CGT, interprétant une musique de Paris Brûle-t-il ?

ASSOCIATION GENERALE DES ÉTUDIANTS DE REIMS

Après le 13 mai 1968

Les luttes revendicatives des travailleurs s'amplifient pendant que s'approfondit le mouvement universitaire. Le 13 Mai les travailleurs avec les étudiants ont dénoncé, la répression policière et le caractère autoritaire du régime.

Aujourd'hui, si nous devons, nous étudiants, continuer notre travail de colloques et de commissions, nous ne devons pas oublier que nous sommes en lutte. C'est de notre mobilisation constante, c'est de la réussite du mouvement ouvrier actuel que dépend la possibilité d'un changement du pouvoir, et donc d'une réelle transformation démocratique de l'université.

A Reims, un comité Intersyndicales Grève s'est constitué entre la CGGT, la CFDT, FO, la FEN et l'AGER dans le but de coordonner le mouvement revendicatif local et de résoudre de nombreux problèmes touchant les transports, le ravitaillement, les prestations sociales etc ... car il est nécessaire que dans l'action les grévistes souffrent le moins possible de la situation actuelle.

Il faut saluer les comités professionnels des cheminots, de l'alimentation, des secteurs hospitaliers et parahospitaliers etc.. pour l'attention qu'ils portent à ces problèmes et l'énergie qu'ils déploient à les résoudre. De nombreux étudiants participent aux piquets de grèves ouvriers, et c'est dans ce débat dans la rue qu'apparaissent progressivement les perspectives communes aux mouvements ouvrier et étudiante

Etudiants tous à la MANIFESTATION INTERSYNDICALE DES TRAVAILLEURS OUVRIERS ENSEIGNANTS ET ETUDIANTS

Rassemblement à 10 heures dans la cour de la gare MERCREDI 22 MAI

E5 - Tract publié par un comité lycéen et appelant à un meeting d'information devant le lycée.

E3 - E4 Tract publié par l'AGER appelant à une manifestation intersyndicale (sauf FO) le jeudi 9 mai à 18 heures

F1 - Tract appelant à un meeting à la Faculté des Sciences le 15 mai

E10 - E11 Tract "Le dialogue de la matraque" publié par l'AGER appelant à une manifestation devant le Collège Littéraire Universitaire le mardi 7 mai 1968.

E8 - E9 Tract publié par l'AGER et appelant à continuer la grève les mercredi et jeudi 8 et 9 mai 1968.

E6 - E7 Tract publié par l'AGER "Notre Combat" le 31 mai 1968. [2500 exemplaires].

L'Association Générale des Etudiants de Reims déclare :

NOTRE COMBAT

 

Nous refusons d'être les utilisateurs, les consommateurs de l'Université : nous participons de l'Université, nous sommes l'Université.

Nous refusons un enseignement que nous n'aurions pas le droit, ni le pouvoir de contester.

Nous refusons une Université où le savoir l'emporte sur l'intelligence, où la mémoire tient lieu d'esprit critique.

Nous refusons une Université où seraient exclues les valeurs de l'imagination créatrice, de l'Art sous toutes les formes.

Nous voulons une Université qui nous permette de nous exprimer à partir de nos cultures et de nous situer dans le monde.

Nous ne voulons pas d'une Université au service d'une économie capitaliste qui ne cherche qu'à se perpétuer elle-même pour étendre son emprise sur la société.

Nous voulons rejoindre le mouvement ouvrier non pas pour le récupérer et le faire servir à nos fins mais pour, que nous participions ensemble à l'élaboration d'une société nouvelle qui ne pourra se bâtir sans dynamisme révolutionnaire. Et nous contestons toutes les forces qui tendent à isoler la classe ouvrière soit pour la rejeter hors des responsabilités du pouvoir, à quelque niveau que ce soit, soit pour l'enfermer dans des structures sclérosées incapables d'exprimer et de servir ses véritables aspirations.

Car nous ne voulons pas d'une société où l'économie prime sur le politique, où l'argent a plus de prix que la liberté.

Nous ne voulons pas conformer l'homme à un modèle prédéterminé mais travailler à sa mise en valeur. Nous voulons rendre l'homme apte à consentir à cet effort personnel et collectif qui lui permette de développer ses capacités.

C'est pourquoi nous ne voulons pas d'une société politique autoritaire et paternaliste qui fait fi des libertés individuelles et collectives, qui ne tient pas compte des multiples relais de contestation et de décision, qui fait appel au peuple contre ses représentants réels, à quelque niveau que ce soit.

Le pouvoir ne doit pas être l'exclusive d'un homme, d'un groupe d'hommes ou d'un parti, quelque qu'il soit. Il appartient à chacun de pouvoir s'exprimer non seulement par son vote personnel, mais aussi par la voix de groupes tels que: syndicats, associations familiales, associations culturelles comités de quartier, maisons de jeunes, mouvements de jeunesse etc...

Nous refusons toute politique paternaliste envers la jeunesse. Notre volonté est que les jeunes, travailleurs lycéens, étudiants, aient pouvoir pour prendre en charge leurs propres problèmes, et qu'ils soient reconnus comme un interlocuteur ayant quelque chose à dire.

Nous voulons une démocratie vivante: un pouvoir démocratique doit être à même de dialoguer avec toutes les forces et toutes les énergies de la nation,

Nous instaurerons un ordre nouveau qui fasse droit non seulement aux désirsd'avoir davantage, mais encor e a celui d'être plus.

Nous ne cherchons pas à détruire. Nous ne voulons pas la violence. Nous ne voulons pas le désordre. Mais nous croyons que la justice a plus de prix que l'hypocrisie de l'ordre, que la liberté est plus précieuse que le confort.

N O T R E C O M B A T, c'est celui de la jeunesse d'Europe et du monde, à Berlin, à Madrid, à Varsovie, à Moscou, à Berkeley, en Amérique du Sud... Il ne connait pas de frontières nationales, linguistiques ou raciales : ses seuls ennemis sont le conservatisme, l'autoritarisme, le totalitarisme.

Assemblée Générale des Etudiants de Reims

réunie le 31 mai 1968, 15 heures.

 

B06 - B07 Communiqué de la FEN du 28 mai 1968 refusant de s'associer à la Manifestation organisée par l'UNEF.

L'attitude de la FEN se fonde sur un double souci :


- 1) Préserver l'unité réalisée dans l'action non seulement pour
atteindre les objectifs immédiate de la grèves mais aussi dans la perspective d'une mise en cause du régime et des
structures mime de la société
- 2) promouvoir avec les étudiants les lycéens les parents d'éleves l'ensemble des
travailleurs, une Université authentiquemen démocratique

Elle considère que si un certain nombre de revendications des travailleurs peuvent trouver une solution immédiate
par le moyen du dialogue y sous la pression des grèves en cours, Vautres problèmes au contraire ne trouveront leur
solution quà plus long terme sans doute-par des mutations plus profondes un certain nombre des problèmes de
l'Université appartiennent à cette seconde catégorie.

La FEN a insisté pour participer au dialogue engagé avec l'actuel pouvoir parce que les enseignants sont concernés,
comme travailleurs pour introduire, dans le débat, les problèmes universitaires, et faire admettre qu'ils sont
indissociables des autres problèmes économiques, sociaux et politiques, son objet étant d'obtenir dans l'immédiat
un certain nombre de gages, de définir une procédure pour poursuivre le débat sur la réforme de l'Université, tout en
préservant les moyens d'une pression permanente pour faire aboutir les mutations radicales souhaitées - pour exiger
l'ouverture du dialogue avec les étudiants.

La FEN a été informée par l'AGER, dans le cadre du comité intersyndical de grève, de sa décision d'organiser une
manifestation sur les problèmes particuliers de l'Université. Cette manifestation intervient comme suite à un mot
d'ordre de l'UNEF, dont une déclaration venait d'affirmer le refus du dialogue, alors que la FEN est engagée dans ce
dialogue, à sa demande.

Il n' est pas douteux que dans les circonstances présentes toute manifestation sur des objectifs particuliers et
des perspectives particulières, est préjudiciable à l'unité. Pourtant, la FEN comprend à quelles exigences répondent
les manifestations de l'UNEF, à un moment où les problèmes de l'Université risquent d'être laissés de côté et
l'importance de l'action des étudiante négligée.

La FEN regrette que sa proposition de faire de cette manifestation une manifestation sur l'ensemble des objectifs
commums ait été refusée par la CGT.

A défaut d'une décision unanime dans ce sens du comité intersyndical de grève, la FEN aurait souhaité au moins un
communiqué de soutien du comité, sur des objectifs universitaires à définir en commun et la liberté pour les
syndicats d'enseignants de toutes les centrales de s'engager activement dans cette manifestation, en en élaborant
avec l'AGER les mots d'ordre et les modalités.

La FEN constate, avec regret,qu'une telle solution n'a pas été possible : au lieu d'une manifestation générale sur les
objectifs communs, ou à défaut au lieu d'une manifestation, soutenue par le comité de grève à laquelle auraient
participé activement enseignants et étudiants la manifestation de demain, dans la mesure où les centrales
ouvrières se sont déterminées différemment, la CGT refusant, la CFDT et FO acceptant les positions de l'UNEF, aura
surtout pour effet d'exprimer un grave désaccord au sein du comité de grève, et une rupture de l'unité réalisée jusqu'à
ce jour.

Dan ces conditions la FEN ne s'engage pas dans la manifestation projetée

NB Violentes protestations de FO et CFDT qui disant ne pas être engagés sur les positions de l'UNEF, mais sur les objectifs définis par l'AGER. Nous rectifions notre formulation hâtive en faisant remarquer que l'initiative de la manifestation étant nationale, et revenant à l'UNE, la participation de FO et CFDT à la manifestation de Reims implique une caution aux positions de l'UNEF.

B02 - B03 - B04 - B05 Manuscrit d'une réponse de l'AGER au Communiqué de la FEN (auteur Jean-Pierre TALBOT).